l'église

3 églises

De la première église de Brancourt-en-Laonnois, il ne reste aucune image. Elle avait été édifiée au cours du XI°siècle, à la place d'une chapelle consacrée à Saint Pierre et elle même construite au VII° siècle. Cette première église était, déjà, dédié à Saint Maurice.

La deuxième église fut détruite au cours de la première guerre mondiale. L'essentiel de sa construction n'était pas si ancienne: Elle n'avait en effet été bâtie qu' entre 1873 et 1875, au lieux et place de l'ancienne église médiévale dont avaient été conservés quelques éléments importants. Le porche et le clocher de style roman dataient du XI°siècle et les croisillons du transept, de style ogival, dataient plutôt du XIII° siècle. Cette église possédait une horloge, installée, elle au cours du du XIX°siècle mais qui sonnait les heures sur une cloche de 1680.

 

 

l'église vue de la rue saint Maurice

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le tramway devant l'église

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l'intérieur de l'ancienne église

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détruite lors de la première guerre mondiale

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L'église actuelle

Après les destructions bien sur, il faut reconstruire, mais comment ? Faut il reconstruire pierre par pierre l'ancienne église ou bien vaut il mieux rebâtir à neuf en faisant table rase du passé ?

 A Brancourt-en-Laonnois comme dans de nombreuses communes dévastées de l'Aisne, c'est la deuxième solution qui fut choisie.

Construite vers 1930 selon les plans d'un architecte nommé Müller, la 3° église de Brancourt montre un plan en T renversé qui unit dans un même massif placé à l'ouest, fonds baptismaux et clocher. Derrière vient prendre place le rectangle d'une nef à trois travées. La disposition en T, dont l'architecte est familier, donne une ampleur particulière à l'élévation principale, asymétrique, qui associe à un pignon la tour carrée d'un clocher.

Le clocher

Le pignon, vaste, éclairé d'un simple oculus qui en résume le décor, affirme l'horizontale par une ligne de fenêtres basses. La tour massive du clocher, évidée sur deux cotés pour ménager un accès, s'élève de l'angle sud-ouest. Se détachant de la nef, elle est couronnée d'un tambour et d'une flêche de béton dont la conception réalise de manière très ornemental, la fusion du décor et de la structure vers laquelle on tendait alors. Faisant corps avec les piliers du tambour, huit angess'en détachent pour étirer vers le ciel le triangle étroit de leurs ailes, qui se rejoignent au sommet. Dans les jours de cette charpente sont disposées des étoiles.

L'intérieur de l'église

L'intéret de cette église ne se résume cependant pas au clocher. L'espace intérieur, lui aussi, est le fruit d'une recherche qui vient aboutir dans le choeur. Passé le massif d'entrée surmonté d'une tribune, la nerf, sans bas-coté ni transept, déploie ses travées régulières dont chacune reçoit le jour par un groupe de trois lancettes inscrites dans un pignon. Sous le plafond à panneaux, rythmé de fermes elliptiques, elle s'expose d'un seul tenant. La structure est lisible, l'espace est uniforme. Cet espace se resserre brusquement à l'entrée du choeur pour se concentrer sur l'autel.

Pareils aux rouleaux d'un porche géant, des arcs concentriques se succèdent, jusqu'à venir encadrer l'éllipse de la verrière. L'ensemble de l'arcature repose sur des piliers massifs qui limitent le sanctuaire. En arrière-plan, on devine, à travers l'éclat d'un vitrail, es espaces latéraux: d'un côté, la sacristie, de l'autre une chapelle consacrée à la vierge, vers lesquelles un étroit passage serpente entre les piliers. Placé en évidence sur ce fond indistinct, l'espace sacré se dessine en pleine lumière.

 

à l'extérieur

A l'extérieur, le chevet exprime sans ambiguïté la construction des volumes: le mur pignon de la nef se démultiplie, tandis que, sur trois côtés, une série d'appentis cerne la base des murs.

Intérieur, extérieur sont en concordance.

 

Ce parti donne à l'église une cohérence qui se retrouve dans le décor et le mobilier. Conçus dans le même esprit que les piliers de béton, ambons et clôtures en empruntent la matière et les lugnes dépouillées.

Les vitraux

Dans la variété de leurs thèmes et de leur facture, les vitraux sont rassemblés sous le signe de la couleur: à la facade occidentale, jaune et violet se répartissentdans le motif cruciforme qui divise l'oculus; dans les verrières de la nef, la composition abstraite, allaint verticales et obliques, calque la ligne des baies. La richesse de matière du verre structuré vient modeler la lumière. Chaque lancette médiane porte au centre une figure: très stylisés, expressifs, les symboles des évangélistes, traités dans des tons violets, se détachent sur un fond à dominante ocre jaune. Les litanies de la vierge, inscrites dans des carrés, adoptent un parti semblable: au milieu d'un cadre serti alliant les bleus et les violets, apparaissent en médaillon des symboles peints. Toujours dans une gamme de bleus, mais d'un style très différent, la figure de la vierge, en quelques traits appuyés, renouvelle par son dessin la technique du verre peint.

De part et d'autre des baies, des fresques viennent compléter cette harmonie intérieure: dans la nef, un chemin de croix, dans des teintes ocres; dans l'arcature du choeur, cernée de violet, deux anges dont les couleurs chaudes sont soulignées d'un trait bleu.

Le soucis ornemental est évident dans cette église, mais c'est un esprit constructif qui dirige le dialogue entre la forme et la couleur, la structure et le décor.                                               

 (le texte de cet article est tiré d'un livret  édité à la Mairie de Brancourt, merci à l'auteur anonyme pour cette présentation complète)

il n'y a pas que les pigeons qui roucoulent...